Données essentielles

Les scénarios d'émission de gaz à effet de serre

Qu'est-ce qu'un scénario socio-économique ?

On appelle " scénario socio-économique " un ensemble d'hypothèses cohérentes concernant l'évolution démographique, économique ou sociologique de la planète. Ces scénarios permettent d'estimer les émissions futures de gaz à effet de serre ou d'aérosols, qui sont à leur tour susceptibles de changer le climat.
Dans un rapport appelé SRES (Special Report on Emission Scénarios), le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, mis en place par l'Organisation Météorologique Mondiale, et par le Programme Environnement des Nations Unis) a proposé un ensemble de scénarios de référence : A1, A2, B1, B2, qui décrivent l'évolution possible des émissions de gaz à effet de serre si l'on ne prend pas de mesures spécifiques telles que celles qui correspondent au protocole de Kyoto.
 

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Ces scénarios dépendent de beaucoup de facteurs qui ne sont pas tous prévisibles : choix politiques, niveau de développement et incidence sur la démographique, évolution des contrastes Nord-Sud, sensibilité aux problèmes environnementaux. Il n'existe pas de scénario " plus probable ", mais chaque scénario permet d'envisager au travers de ses conséquences une évolution possible de la planète.

Les scénarios utilisés

Parmi ces futurs possibles, les scénarios A2 et B2 décrivent des évolutions très contrastées, et serviront de référence pour opposer des évolutions plus fortes ou plus faibles du climat. Ils se distinguent des scénarios A1 et B1 par une globalisation moins forte de l'économie.

Le scénario A2 correspond à un développement économique avec une orientation principalement régionale et une forte croissance démographique. La croissance économique et l'évolution technologique sont plus fragmentées et plus lentes que dans les autres canevas. Le recours à l'énergie n'est brimé par aucune contrainte forte, et les émissions de gaz à effet de serre sont très importantes, aboutissant à une concentration en gaz carbonique de 850 ppm environ en 2100, pour 280 ppm au milieu du XIXe siècle, ce qui situe ce scénario dans la classe haute des scénarios du GIEC, sans qu'il constitue pour autant un cas extrême.

Le scénario B2 correspond à des émissions plus faibles de gaz à effet de serre, en raison d'orientations plus fortes vers la protection de l'environnement et l'équité sociale, une moindre croissance démographique et une évolution technologique modérée. Certaines mesures partielles de réduction des gaz à effet de serre et des aérosols sont prises en compte, en réponse à des préoccupations environnementales d'ordre local ou régional, telles que les problèmes de qualité de l'air. Le résultat est une concentration en gaz carbonique de 600 ppm environ en 2100, pour 280 ppm au milieu du XIXe siècle, ce qui situe ce scénario dans la classe basse des scénarios du GIEC.

Les évolutions projetées des émissions de CO2 (Figure de gauche) pour l'ensemble des scénarios du SRES montrent bien cette opposition entre les scénarios A2 et B2. Les émissions de tous les autres gaz à effet de serre sont décrites de la même manière. Des différences fortes entre scénarios existent également au niveau des émissions d'aérosols (Figure de droite), même si les technologies existantes, et l'impact sur la santé font prévoir une maîtrise de leurs émissions beaucoup plus forte que pour les gaz à effet de serre.